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Histoire


l'histoire du village de Machault.

Origine du nom "Machault"

Etymologie

On rencontre le nom de Machault pour la première fois à la fin du Xe siècle, vers 982, dans le cartulaire de Notre-Dame de Paris. Le cartulaire utilise la forme Machelum, que l'on retrouvera dans différents actes jusqu'au XIVe siècle. La présence à l'époque gallo-romaine de centres commerciaux et culturels isolés au milieu du plat pays a été depuis longtemps reconnue par les historiens. Mais l'hypothèse ici ne tient guère, en l'absence de tout vestige archéologique et faute de nœud routier qui conditionnait souvent la création de tels établissements. 

Par ailleurs, l'existence d'un important cheptel ovin dans la Brie serait susceptible d'expliquer le nom de Machuëlles (XIIe siècle), qui en vieux français signifie la houlette du berger. Reste le bas latin, Machalum ou Machale, ou très proche de notre toponyme de 982 et qui signifie la grange, désignation qui s'accorde bien à la modeste exploitation agricole qui devait constituer à cette époque ce qui n'était pas encore un village.  

Tout en considérant cette dernière explication comme la plus vraisemblable, nous voyons apparaître au XIIIe siècle des versions qui, au fil des années, vont se rapprocher de l'orthographe d'aujourd'hui : Machou (1250) ; Machiau (1270, 1292, 1332) ; Machiaux (1293) ; Macheau (1332) ; Machau (ce sera la forme la plus utilisée aux XVe, XVIe et XVIIIe siècles, en 1737 et 1747). 

Le T, ornement superfétatoire, apparaît dès 1450 avec Machaut ; mais il faut attendre le XVIIIe siècle (1750 : carte de Cassini) pour rencontrer enfin le Machault actuel. 

Ajoutons que le déterminant " en Brie " est utilisé au XIVe siècle : Machellum in Bria et plus tard Machau en Brie (1462-1525 : on le trouve sur l'inscription de la cloche paroissiale ; en 1747…). Il servira à distinguer notre village d'autre Machault. Outre le bourg connu des Ardennes, nous pouvons citer ici le second Machault seine-et-marnais : c'est un fief de la commune de Saint-Soupplets, dans le nord du département, mentionné en 1786 ; ou encore le lieu-dit Machau, situé à quelques kilomètres de Montargis, le long du canal d'Orléans, et composé d'une ferme et d'un moulin à eau sur la rivière de Huillard. Sur la carte IGN de la région de Lorris, on trouve le grand Machau, le petit Machau et la motte Machau, ce lieu-dit particulièrement intéressant car au Moyen Age une motte indiquait l'emplacement d'un château fort (source : Claude Perret - 45 Chambon-la-Forêt). 

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Les armoiries

Etablies par M. J.-C. Molinnier, armoiriste amateur de la région

De Gueules embrassé en chef d'argent, d'une pièce et deux demi 

De Gueules chargé d'une crosse abbatiale d'or se mouvant de la pointe et mise en pal encadrée de deux grappes de raisin de même.  

L'écu est surmonté de la couronne murale d'argent, symbole des villes et villages. Il est encadré à dextre d'épis de blé d'or et au senestre d'un rameau de chêne de même, le tout lié du champ. (Gueule : rouge en héraldique) 

Le rouge, couleur de Brie, sert de cadre géographique à la commune ; ainsi le M initial de la commune apparaît-il. Cela rappelle aussi l'aspect " vallonné " de Machault.  

La crosse symbolise l'appartenance religieuse du village, puisque des premiers seigneurs qui étaient l'abbaye de Saint-Germain-des Prés au VIe siècle, au dernier, à savoir le chapitre de Notre-Dame de Paris au XVIe siècle, il s'écoule donc dix siècles.  

Le raisin honore le saint patron de la commune qui Vincent. 

La couronne de tours est le symbole des villes et des villages ; cela permet de différencier l'écu d'un seigneur de celui d'une ville. 

Le blé honore l'agriculteur et le chêne les forêt.

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Pays de vignerons

Territoire de vignes

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, Machault était essentiellement un pays de vignerons avec plus de 80 % de la population exerçant un métier lié à la vigne. En effet les deux flancs de la vallée Javot étaient plantés de vignes. Il y en avait même à l'emplacement de bois actuels. Puis le phylloxéra a traversé l'Atlantique et détruit plus de la moitié du vignoble. En 1880, on en recensait encore 75 ha contre 150 ha cinquante ans plus tôt. Les dernières vignes ont disparu de la vallée Javot vers 1954, celle de M. Garnier vers les Baguettes et celles de M. Serré à la Haie aux Mouches. Hormis les grappes de raisin figurant au blason de la commune et sculptées sur la porte de l'église, ou encore le patronage de saint Vincent, que reste-t-il donc des vignes d'antan ? 

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Le pressoir

Un pressoir à vin provenant d'une propriété privée du hameau de Villiers, qui a été transformé en pressoir à cidre dans les années 1880. Auparavant, ce pressoir appartenait aux seigneurs de Chapuis-Villiers, propriétaire de la ferme de Villiers et du château de Chapuis. Comme l'ensemble des habitants de Villiers, Chapendu, Pamfou et bien sûr Machault étaient alors vignerons, il fallait un pressoir. Comme il était hors de question que chacun ait le sien, les propriétés étant souvent petites et pauvres, les seigneurs autorisaient les paysans à utiliser le leur pour faire leur vin, à condition toutefois de payer. Le pressoir banal était une source de revenus importante pour le seigneur, tout comme pour le chapitre de Notre-Dame qui possédait deux moulins sur Vernou ou les moines de Barbeau qui en avaient un dans leur abbaye. Les vignerons avaient le choix !

Le moulin écraseur de pommes qui y était adjoint est resté à Villiers, place du puits.  Il y est exposé avec sa grosse meule en grès et son chemin de roulement.

L'eau

Lavoirs, puits et mares

Puits de la mère Martin

Vers 1910, un lavoir fut construit à Villiers, pour remplacer un précédent lavoir situé un peu au-dessus et qui n'avait jamais été couvert. Tous les deux étaient alimentés en eau par une conduite provenant du puits de la place. Le trop plein se déversait dans le fossé et traversait les prés en dessous.

Vers 1910, un lavoir fut construit à l'emplacement de la Fontaine au Diable à Héricy.  

Des femmes s'y rendaient de Machault en poussant leur brouette. Et cela encore en 1950 ! C'était avant l'avènement de la machine à laver, les femmes lavaient le linge dans ce qu'il y avait de mares et de lavoirs : à Machault on comptait trois mares où l'on pouvait laver le linge et abreuver les bêtes (vaches, moutons, canards…). 

 Les virages situés à 2 km en direction de Fontainebleau portent le nom de la Fontaine au Diable, du nom de la fontaine qui existait avant 1950 et qui approvisionnait un lavoir de Machault situé à l'emplacement actuel des pompes à eau. En contrebas se trouve la ferme de la Grande Roue qui rappelle un ancien moulin à vent.  

Jusqu'en 1950, les puits étaient la principale source d'approvisionnement d'eau. Ils étaient utilisés par tous les habitants des environs, d'où les droits d'accès aux puits qui subsistent dans de nombreux endroits communs. Dans les années 1930, des problèmes de pollution sont apparus, rendant l'eau impropre à la consommation. C'est de cette époque que datent le projet de forage à la Fontaine au Diable et d'adduction d'eau et celui de la constitution du syndicat intercommunal Féricy-Machault. 

 Pour des raisons de coût l'adduction n'a été réalisée que dans les années 1950

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L'église du XIIème siècle


Notre église remonterait au XIIe siècle. De cette époque subsistent les parties basses côté du chœur, notamment une colonne octogonale qui sépare la nef du collatéral (le clocher).  

A-t-elle été ensuite détruite lors des guerres ? Toujours est-il que les Rollet reconstruisent en partie l'édifice aux XVe et XVIe siècles. Les fenêtres à meneaux (montants et traverses en pierre divisant l'ouverture) ainsi que les voûtes datent du XV siècle. Le portail du XVIe siècle est orné d'une décoration de vigne. 

Le clocher, du XIIIe siècle pour l'essentiel, a été restauré dans la partie supérieure au XIXe siècle. Il abrite une cloche en bronze datée de 1525 qui serait la plus vieille de Seine-et-Marne. Elle porte cette inscription : " L'an mil VCXXV " fus faite par les habitants de Machau-en-Brie et fus nommée Marie ".


En 1856, la comtesse d'Erceville fit reconstruire la sacristie qui avait déjà été bien rénovée par madame Blondeau en 1675.  

Tout au long des siècles, notre église a subi des tempêtes. Ce sont les personnes les plus aisées qui contribuaient à l'entretien et à la restauration du bâtiment. En remerciement de leur générosité, les donateurs étaient ensevelis dans l'église. Deux dalles anciennes y subsistent, dont on n'a pas réussi à déchiffrer les noms et celle d'une personne issue de la noblesse. Depuis 1789, cette église n'avait pas eu les réparations qu'elle méritait. Fin 1997, des travaux ont été entrepris pour la consolidation du mur de droite (sud). D'autres travaux étant nécessaires, un contrat rural a été lancé : il concernait la réfection totale de la toiture, bien endommagée par la tempête du 26 décembre 1999, la modification des sols extérieurs autour de l'édifice, afin de rendre ces surfaces hors d'eau, et, plus important, la réhabilitation des voûtes qui menaçaient de s'effondrer.

Ce contrat, très ambitieux mais qu'il était urgent de mettre en œuvre pour la sauvegarde de notre patrimoine, a débuté en 2001 et s'est achevé en 2007. L'édifice est totalement sécurisé.  

Le sol intérieur ainsi que la peinture des murs mériteraient certainement une réhabilitation. 

La porte latérale a retrouvé son emplacement d'origine, ce qui embellit plutôt l'église. Quant à la porte principale, elle était très belle mais elle n'a pu être reconstruite à l'identique par manque de fonds.  


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L'école

Sur les bancs de l'école

Depuis 1600 environ existait ce qu'on appelait le maître des petites écoles qui était choisi et payé par le curé. Il aidait à nettoyer l'église, à creuser les tombes au cimetière pour les inhumations. Il pouvait également servir de script au curé pour la tenue des registres paroissiaux. Et enfin il faisait l'école aux enfants qui avaient le temps d'y venir. Rares étaient les adultes qui savaient lire et écrire ou même signer leur nom : c'est une des raisons pour lesquelles existent tant de divergences dans l'écriture des noms ; sans compter que le curé retranscrit ce qu'il entend, c'est-à-dire du patois briard, alors que lui-même peut parfois venir d'une autre région de France… 

On ne sait pas où avait lieu l'école, mais il s'agissait certainement du local où vivait le maître. On connaît parfaitement les noms de ces maîtres d'école depuis 1680, et notamment Rémi Jacques Son, dit Rémi Jacson, dont la famille restera à Machault et dans les communes environnantes jusqu'au XIXe siècle inclus. Ses membres exerceront soit en tant que tabellions soit dans la médecine. Louis Guinand, le premier maire de Machault, sera le dernier maître d'école au moment de la Révolution avant de devenir commerçant. L'école date évidemment de 1789. C'est à ce moment-là que la commune reçoit son premier instituteur. Comme la commune ne possède pas de bâtiment spécifique, il fait classe dans un local insalubre réquisitionné pour l'occasion.

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L'école en 1934

Ce n'est que vers 1850 que l'école actuelle sera construite. Pour améliorer ses revenus, l'instituteur fait également office de secrétaire de mairie ; il tient à jour les registres d'état civil et il est très souvent cité comme témoin pour les naissances, mariages et décès. Arrive ensuite un second instituteur : filles et garçons. Au début peu d'enfants n'ont pas de temps à perdre pour aller à l'école : il faut travailler avant toute autre chose. Généralement l'épouse de l'instituteur aide son mari en assurant la garde des élèves, service pour lequel elle est payée. 

Le comte d'Erceville subventionnera une école libre de filles installée au 46 rue des Trois-Maillets, elle était dirigée par les sœurs de la Providence de la Genevraye. Ce n'est que vers 1880 que les enfants de Pamfou auront leur propre maître et qu'une école y sera construite. 

Evolution technologique

Electrification

Description de l'image

Légende de l'image

Vers 1910, la ferme de l'Heurtebise a été électrifiée depuis Fontainebleau par une ligne tirée au frais de l'agriculteur (installation et maintenance). On en trouve trace dans les réunions du Conseil municipal mais on n'en sait pas plus si ce n'est que la Première Guerre mondiale a fait avorter cette initiative. Il faudra attendre 1925-1927, années où l'ensemble des communes du département se sont électrifiées. Les branchements chez les particuliers ont été faits progressivement malgré de nombreuses réticences. Le syndicat intercommunal Féricy-Machault a été créé en 1926.

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